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[modifier] V
Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu'ils portent sur les choses[1]. Ainsi la mort n'a rien de redoutable, autrement elle aurait paru telle à Socrate[2] ; mais le jugement que la mort est redoutable, c'est là ce qui est redoutable[3]. Ainsi donc quand nous sommes contrariés, troublés ou peinés, n'en accusons jamais d'autres que nous-même, c'est-à-dire nos propres jugements[4]. Il est d'un ignorant de s'en prendre à d'autres de ses malheurs ; il est d'un homme qui commence à s'instruire de s'en prendre à lui-même ; il est d'un homme complètement instruit de ne s'en prendre ni à un autre ni à lui-même[5].
[5] Ταράσσει τοὺς ἀνθρώπους οὐ τὰ πράγματα, ἀλλὰ τὰ περὶ τῶν πραγμάτων δόγματα: οἷον ὁ θάνατος οὐδὲν δεινόν ̔ἐπεὶ καὶ Σωκράτει ἂν ἐφαίνετὀ, ἀλλὰ τὸ δόγμα τὸ περὶ τοῦ θανάτου, διότι δεινόν, ἐκεῖνο τὸ δεινόν ἐστιν. ὅταν οὖν ἐμποδιζώμεθα ἢ ταρασσώμεθα ἢ λυπώμεθα, μηδέποτε ἄλλον αἰτιώμεθα, ἀλλ' ἑαυτούς, τοῦτ' ἔστι τὰ ἑαυτῶν δόγματα. ἀπαιδεύτου ἔργον τὸ ἄλλοις ἐγκαλεῖν, ἐφ' οἷς αὐτὸς πράσσει κακῶς: ἠργμένου παιδεύεσθαι τὸ ἑαυτῷ: πεπαιδευμένου τὸ μήτε ἄλλῳ μήτε ἑαυτῷ.