Mars (Harel)
Des almanachs hésitants
Mars a mis dans tous les temps
Les pronostics en querelle ;
Son caprice est sans pareil :
Pluie ou vent, brouillard, soleil,
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- Neige ou grêle.
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C’est un mois extravagant ;
Aujourd’hui, c’est l’ouragan
Qui hurle dans ses trompettes.
Quelques précoces chaleurs
Demain sécheront les pleurs
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- Des tempêtes :
- Des tempêtes :
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Puis, pendant que le jour croît,
Tout à coup revient le froid,
Puis encore la bourrasque.
Arlequin quotidien,
Mars est un comédien
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- Bien fantasque,
- Bien fantasque,
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Qui, dès le premier tableau ,
Se montre et joue avec l’eau
Qu’il déverse en cataracte,
Un drame torrentiel,
Avec un bout d’arc-en-ciel
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- Dans l’entr’acte.
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Colombine n’est pas la.
Bientôt, en gai falbala,
Du ciel elle va descendre ;
En attendant, Arlequin
Taquine ce vieux coquin
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- De Cassandre.
- De Cassandre.
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Au premier plan du décor
L’ajonc montre ses fleurs d’or ;
Les coudriers dans les haies
Balancent leurs chatons neufs
Sur la tête des houx, veufs
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- De leurs baies.
- De leurs baies.
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Sur le talus des fossés
D’autres fleurs, bouquets tassés,
Ouvrent leurs petits calices,
Et dans les bas fonds des prés
Brillent les pompons dorés
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- Des narcisses.
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Aux murs servant de portants,
On peut voir, de temps en temps,
Des touffes blanches écloses
Aux abricotiers hardis. —
Et les pêchers étourdis
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- Sont tout roses.
- Sont tout roses.
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Pas de musique d’abord ;
L’hiver a frappé de mort
Les .gosiers de la nature.
Le coq chante le premier ;
Il sonne sur son fumier
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- L’ouverture.
- L’ouverture.
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Le merle siffle un solo ;
Miaulant en trémolo,
Le chat, qu’en vain l’on séquestre,
Se lamente nuit et jour
En attendant le retour
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- De l’orchestre.
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Fins gymnastes, les pigeons
Font culbutes et plongeons
Dans la brume des aurores,
Où défilent les vanneaux,
Pareils à des dominos
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- Bicolores.
- Bicolores.
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Courant du gîte au fourré,
Le lièvre passe, effaré ;
C’est le Pierrot de la farce.
Pressant leur vol alangui,
Les grives s’en vont au gui,
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- Bande éparse.
- Bande éparse.
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Déjà le bouvreuil goulu
Becquète un bourgeon velu,
Le jette à terre et décampe;
Tandis que, danseur falot,
L’écureuil passe au galop
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- Sur la rampe.
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La scène change à la fin ;
Golombine en séraphin,
Fendant la voûte azurée,
Vient descendre au dénouement.
Le Printemps fait brusquement
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- Son entrée.
- Son entrée.
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Arlequin lui santé au cou,
Puis, il jette dans un trou
Cassandre ébloui qu’il brave,
Et le vieil Hiver sournois
Est verrouillé pour neuf mois
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- Dans sa cave.
- Dans sa cave.
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Devant le trou du souffleur,
L’œil en feu, la joue en fleur,
Colombine au bon parterre
Chante le couplet final
Du mélodrame hivernal
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- Qu’on enterre.
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C’est un gai De Profundis.
Les violons dégourdis
Chantent de façon discrète :
Le bonhomme est trépassé,
Requiescat in pace.
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- Turlurette !
- Turlurette !
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Le poète émerveillé
Et juste à point réveillé,
Accomplit, tout en liesse,
Son devoir de spectateur
En applaudissant l’auteur
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- De la pièce.
- De la pièce.
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Dans le décor du Printemps
Il salue, en même temps,
Le Créateur et l’aurore ;
Dans les splendeurs du ciel bleu,
Il entrevoit le bon Dieu
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- Et l’adore.
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