Nahum
Version John Nelson Darby - 1872
[modifier] Chapitre 1
- L’oracle touchant Ninive ; livre de la vision de Nahum, l’Elkoshite.
- C’est un Dieu jaloux et vengeur que l’Éternel ; l’Éternel est vengeur et plein de furie ; l’Éternel tire vengeance de ses adversaires et garde sa colère contre ses ennemis.
- L’Éternel est lent à la colère et grand en puissance, et il ne tiendra nullement [le coupable] pour innocent. L’Éternel, — son chemin est dans le tourbillon et dans la tempête, et la nue est la poussière de ses pieds.
- Il tance la mer et la dessèche, et fait tarir toutes les rivières. Basan et le Carmel languissent, et la fleur du Liban languit.
- Les montagnes tremblent devant lui, et les collines se fondent ; et devant sa face la terre se soulève, et le monde et tous ceux qui y habitent.
- Qui tiendra devant son indignation, et qui subsistera devant l’ardeur de sa colère ? Sa fureur est versée comme le feu, et devant lui les rochers sont brisés.
- L’Éternel est bon, un lieu fort au jour de la détresse, et il connaît ceux qui se confient en lui ;
- mais, par une inondation débordante, il détruira entièrement son lieu, et les ténèbres poursuivront ses ennemis.
- Qu’imaginez-vous contre l’Éternel ? Il détruira entièrement ; la détresse ne se lèvera pas deux fois.
- Quand même ils sont comme des ronces entrelacées, et comme ivres de leur vin, ils seront dévorés comme du chaume sec, entièrement.
- De toi est sorti celui qui imagine du mal contre l’Éternel, un conseiller de Bélial.
- Ainsi dit l’Éternel : Qu’ils soient intacts, et ainsi nombreux, ils seront retranchés et ne seront plus. Et si je t’ai affligé, je ne t’affligerai plus.
- Et maintenant je briserai son joug de dessus toi, et je romprai tes liens.
- Et l’Éternel a commandé à ton égard : on ne sèmera plus [de semence] de ton nom. De la maison de ton dieu je retrancherai l’image taillée et l’image de fonte, je préparerai ton sépulcre, car tu es vil.
- Voici sur les montagnes les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, de celui qui annonce la paix ! Juda, célèbre tes fêtes, acquitte tes vœux ; car le méchant ne passera plus par toi, il est entièrement retranché.
[modifier] Chapitre 2
- Celui qui brise est monté contre toi: garde la forteresse, surveille le chemin, fortifie tes reins, affermis beaucoup ta puissance.
- Car l’Éternel a ramené la gloire de Jacob comme la gloire d’Israël ; car ceux qui dépouillent les ont dépouillés et ont gâté leurs sarments.
- Le bouclier de ses hommes forts est teint en rouge, les hommes vaillants sont vêtus d’écarlate, l’acier fait étinceler les chars, au jour où il se prépare, et les [lances de] cyprès sont brandies.
- Les chars s’élancent avec furie dans les rues, ils se précipitent sur les places ; leur apparence est comme des torches, ils courent comme des éclairs. —
- Il pense à ses vaillants hommes : ils trébuchent dans leur marche, ils se hâtent vers la muraille, et l’abri est préparé.
- Les portes des fleuves sont ouvertes, et le palais s’effondre.
- C’est arrêté : elle sera mise à nu, elle sera emmenée, et ses servantes gémiront comme la voix des colombes, en se frappant la poitrine.
- Or, dès le jour où elle exista, Ninive a été comme une mare d’eau. Mais ils fuient… Arrêtez ! Arrêtez ! Mais personne ne se retourne.
- Pillez l’argent, pillez l’or ! Il n’y a pas de fin au splendide arroi de toute sorte d’objets d’agrément.
- [Elle est] vidée, et dépouillée, et dévastée ! Et le cœur se fond, et les genoux sont tremblants, et une poignante douleur est dans tous les reins, et tous les visages pâlissent.
- Où est le repaire des lions, et le lieu où se repaissaient les lionceaux, où se promenaient le lion, la lionne, [et] le petit du lion, sans que personne les effrayât ?
- Le lion déchirait suffisamment pour ses petits, et étranglait pour ses lionnes, et remplissait de proie ses antres, et de bêtes déchirées ses repaires.
- Voici, j’en veux à toi, dit l’Éternel des armées ; et je réduirai tes chars en fumée ; et l’épée dévorera tes lionceaux, et je retrancherai de la terre ta proie ; et la voix de tes messagers ne s’entendra plus.
[modifier] Chapitre 3
- Malheur à la ville de sang, toute pleine de fausseté [et] de violence ! la rapine ne la quitte pas.
- Bruit du fouet et fracas des roues, et galop des chevaux, et chars qui bondissent ; …
- le cavalier qui s’élance, et la flamme de l’épée, et l’éclair de la lance, et une multitude de tués, et des monceaux de corps morts, et des cadavres sans fin ! on trébuche sur les cadavres !
- À cause de la multitude des prostitutions de la prostituée attrayante, enchanteresse, qui vend les nations par ses prostitutions, et les familles par ses enchantements,
- voici, j’en veux à toi, dit l’Éternel des armées, et je relèverai les pans de ta robe sur ton visage, et je montrerai aux nations ta nudité, et aux royaumes ta honte.
- Et je jetterai sur toi des ordures, et je t’avilirai, et je te donnerai en spectacle.
- Et il arrivera que tous ceux qui te verront fuiront loin de toi, et diront : Ninive est dévastée ! Qui la plaindra ? D’où te chercherai-je des consolateurs ?
- Es-tu meilleure que No-Amon, qui habitait sur les canaux, des eaux autour d’elle, — elle qui avait la mer pour rempart, la mer pour sa muraille ?
- L’Éthiopie était sa force, et l’Égypte, et il n’y avait pas de fin ; Puth et les Libyens étaient parmi ceux qui l’aidaient.
- Elle aussi fut emmenée et s’en alla en captivité ; ses petits enfants aussi furent écrasés aux coins de toutes les rues ; on jeta le sort sur ses hommes honorables, et tous ses grands furent liés de chaînes. —
- Toi aussi, tu seras enivrée ; tu seras cachée ; toi aussi, tu chercheras un lieu fort devant l’ennemi.
- Toutes tes forteresses sont [comme] des figuiers avec leurs premières figues ; si on les secoue, elles tombent dans la bouche de celui qui les mange.
- Voici, ton peuple au dedans de toi est [comme] des femmes ; les portes de ton pays sont grandes ouvertes à tes ennemis, le feu dévore tes barres.
- Puise de l’eau pour le siège, fortifie tes lieux forts, entre dans la glaise et foule l’argile, répare le four à briques.
- Là, le feu te dévorera, l’épée te détruira ; elle te dévorera comme l’yélek. Multiplie-toi comme l’yélek, multiplie-toi comme la sauterelle.
- Tu as augmenté le nombre de tes marchands plus que les étoiles des cieux ; l’yélek se répand, puis s’envole.
- Tes hommes d’élite sont comme les sauterelles, et tes capitaines sont comme une nuée de gobs qui campent dans les haies au frais du jour ; le soleil se lève, ils s’envolent, et on ne connaît pas le lieu où ils sont.
- Tes pasteurs dorment, roi d’Assyrie ! tes vaillants hommes sont couchés là, ton peuple est dispersé sur les montagnes, et personne ne les rassemble.
- Il n’y a pas de soulagement à ta blessure ; ta plaie est très-maligne ; tous ceux qui entendent parler de toi battent des mains sur toi ; car sur qui ta méchanceté n’a-t-elle pas continuellement passé ?