Nourmahal-la-Rousse
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- Entre deux rocs d'un noir d'ébène
- Voyez-vous ce sombre hallier
- Qui se hérisse dans la plaine
- Ainsi qu'une touffe de laine
- Entre les cornes du bélier ?
- Là, dans une ombre non frayée,
- Grondent, le tigre ensanglanté,
- La lionne, mère effrayée,
- Le chacal, l'hyène rayée,
- Et le léopard tacheté.
- Là, des monstres de toute forme
- Rampent : - le basilic rêvant,
- L'hippopotame au ventre énorme,
- Et le boa, vaste et difforme,
- Qui semble un tronc d'arbre vivant.
- L'orfraie aux paupières vermeilles,
- Le serpent, le singe méchant,
- Sifflent comme un essaim d'abeilles ;
- L'éléphant aux larges oreilles
- Casse les bambous en marchant.
- Là, vit la sauvage famille
- Qui glapit, bourdonne et mugit.
- Le bois entier hurle et fourmille.
- Sous chaque buisson un oeil brille,
- Dans chaque antre une voix rugit.
- Eh bien ! seul et nu sur la mousse,
- Dans ce bois-là je serais mieux
- Que devant Nourmahal-la-Rousse,
- Qui parle avec une voix douce
- Et regarde avec de doux yeux.
Nourmahal la rousse