Obermann/XVI

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LETTRE XVI.
Fontainebleau, 12 août, II.

Que de sentiments généreux ! Que de souvenirs ! Quelle majesté tranquille dans une nuit douce, calme, éclairée ! Quelle grandeur ! Cependant l’âme est accablée d’incertitude. Elle voit que le sentiment qu’elle a reçu des choses la livre aux erreurs ; elle voit qu’il y a des vérités, mais qu’elles sont dans un grand éloignement. On ne saurait comprendre la nature, à la vue de ces astres immenses dans le ciel toujours le même.

Il y a là une permanence qui nous confond : c’est pour l’homme une effrayante éternité. Tout passe ; l’homme passe, et les mondes ne passent pas ! La pensée est dans un abîme entre les vicissitudes de la terre et les cieux immuables.


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