Ode X (Quatrième livre des Odes de J.-B. Rousseau)

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[modifier] Ode à la Postérité[1]

Déesse des Héros, qu'adorent en idéees
Tant d'illustres Amants , dont l'ardeur hazardée
Ne consacrent qu'à toi ses vœux et ses efforrs ;
Toi qu'ils ne veront point, que nul n'a jamais vue,
Et dont pour les vivants la faveur suspendue
Ne s'accorde qu'aux Morts.

Vierge non encore née en qui tout doit renaître,
Quand le temps dévoilé viendra te donner l'Être,
Laisse moi dans ces vers te tracer mes malheurs,
Et ne refuse pas, arbitre vénérable,
Un regard généreux au récit déplorable
De mes longues douleurs.

Le Ciel qui me créa sous le plus dur auspice,
Me donna pour tout bien l'amour de la justice ;
Un génie ennemi de tout art suborneur,
Une pauvreté fière, une mâle franchise,
Instruite à détester toute fortune acquise
Aux dépens de l'honneur !
...

[modifier] Notes et références

  1. C'est de cette ode que Monsieur de Voltaire a dit qu'elle n'arriverait jamais à son adresse


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