Page:Œuvres complètes de François Villon.djvu/033

La bibliothèque libre.

 XXXIX.
 Je congnoys que pauvres et riches,
 Sages et folz, prebstres et laiz,
 Noble et vilain, larges et chiches,
 Petitz et grans, et beaulx et laidz,
 Dames a rebrassez colletz,
 De quelconque condicion,
 Portant attours et bourreletz,
 Mort saisit sans exception.
 XL.
 Et mourut Paris et Helene.
 Quiconques meurt, meurt a douleur.
 Celluy qui perd vent et alaine,
 Son fiel se creve sur son cueur,
 Puys sue Dieu scait quelle sueur!
 Et n'est qui de ses maulx l'allege:
 Car enfans n'a, frere ne soeur,
 Qui lors voulsist estre son pleige.
 XLI.
 La mort le faict fremir, pallir,
 Le nez courber, les veines tendre,
 Le col enfler, la chair mollir,
 Joinctes et nerfs croistre et estendre.
 Corps feminin, qui tant est tendre,
 Polly, souef, si precieulx,
 Te faudra-il ces maulx attendre?
 Ouy, ou tout vif aller es cieulx.