Page:Œuvres complètes de François Villon.djvu/041

La bibliothèque libre.

 Assis sur grosses fermes cuysses,
 Dedans son joly jardinet?
 "Le front ride, les cheveulx gris,
 Les sourcilz cheuz, les yeulx estainctz,
 Qui faisoient regars et ris,
 Dont maintz marchans furent attaincts;
 Nez courbe, de beaulte loingtains;
 Oreilles pendans et moussues;
 Le vis pally, mort et destaincts;
 Menton fonce, levres peaussues:
 "C'est d'humaine beaute l'yssues!
 Les bras courts et les mains contraictes,
 Les espaulles toutes bossues;
 Mammelles, quoy! toutes retraictes;
 Telles les hanches que les tettes.
 Du sadinet, fy! Quant des cuysses,
 Cuysses ne sont plus, mais cuyssettes
 Grivelees comme saulcisses.
 "Ainsi le bon temps regretons
 Entre nous, pauvres vieilles sottes,
 Assises bas, a croppetons,
 Tout en ung tas comme pelottes,
 A petit feu de chenevottes,
 Tost allumees, tost estainctes;
 Et jadis fusmes si mignottes!...
 Ainsi en prend a maintz et maintes."