Page:Œuvres complètes de François Villon.djvu/094

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 Audict Calais donne puissance,
 Affin que l'ordre soit suyvie
 Et mon ordonnance assouvie,
 Que ceste aulmosne ailleurs transporte,
 Sans se l'appliquer par envie;
 A son ame je m'en rapporte.
 CLXIII.
 Item, j'ordonne a Saincte-Avoye,
 Et non ailleurs, ma sepulture;
 Et, affin que chascun me voye,
 Non pas en chair, mais en paincture,
 Que l'on tire mon estature
 D'ancre, s'il ne coustoit trop cher.
 De tumbel? Rien; je n'en ay cure,
 Car il greveroit le plancher.
 CLXIV.
 Item, vueil qu'autour de ma fosse
 Ce que s'ensuyt, sans autre histoire,
 Soit escript, en lettre assez grosse;
 Et qui n'auroit point d'escriptoire,
 De charbon soit, ou pierre noire,
 Sans en rien entamer le plastre:
 Au moins sera de moy memoire
 Telle qu'il est d'ung bon folastre.

[modifier] EPITAPHE

 CLXV.
 CY GIST ET DORT EN CE SOLLIER,
 QU'AMOUR OCCIST DE SON RAILLON,
 UNG POUVRE PETIT ESCOLLIER,
 QUI FUT NOMME FRANCOIS VILLON.
 ONCQUES DE TERRE N'EUT SILLON.