Page:Œuvres complètes de François Villon.djvu/209

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.
209
ATTRIBUÉES À VILLON.


L’accord fut dit, l’accord fut faict,
Devant tous, non pas en arrière.
Lors le gallant tire, de faict,
De dedens sa gibecière
Une bourse, d’argent legière,
Qui estoit pleine de mereaulx,
Et chanta, par bonne manière,
Haultement, ces mots tout nouveaulx :

De sa bourse dessus la table
Frappa, affin que je le notte,
Et, comme chose convenable,
Chanta ainsi à haulte notte :
« Faut payer ton hoste, ton hoste ! »
Tout au long chanta ce couplet.
Le varlet, estant coste à coste,
Respondit : « Cela bien me plaist ! »

Toutesfoys, il n’entendoit pas

Qu’il ne fust de l’escot payé,
Parquoy il failloit sur ce pas.
De son sens fut moult desvoyé.
Devant tous fut notiffié
Qu’il estoit gentil compaignon,
Et qu’il avoit, par son traicté,
Bien disné pour une chanson.

C’est bien disné, quand on eschappe

Sans desbourser pas ung denier,
Et dire adieu au tavernier
En torchant son nez à la nappe.



François Villon.
14
Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils