Page:Œuvres complètes de François Villon.djvu/26
La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.
Ceulx donc qui me font telle oppresse,
En meurté ne me vouldroient veoir.
XVI.
- Se, pour ma mort, le bien publique
D’aucune chose vaulsist myeulx,
A mourir comme ung homme inique
Je me jugeasse, ainsi m’aid Dieux !
Grief ne faiz à jeune ne vieulx,
Soye sur pied ou soye en bière :
Les montz ne bougent de leurs lieux,
Pour un paouvre, n’avant, n’arrière.
XVII.
- Au temps que Alexandre regna,
Ung hom, nommé Diomedès,
Devant luy on luy amena,
Engrillonné poulces et detz
Comme ung larron ; car il fut des
Escumeurs que voyons courir.
Si fut mys devant le cadès,
Pour estre jugé à mourir.
XVIII.
- L’empereur si l’arraisonna :
« Pourquoy es-tu larron de mer ? »
L’autre, responce luy donna :
« Pourquoy larron me faiz nommer ?
« Pour ce qu’on me voit escumer
« En une petiote fuste ?
« Se comme toy me peusse armer,
« Comme toy empereur je fusse.