Page:Œuvres complètes de H. de Balzac, VI.djvu/319

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— Votre nom ? dit Joseph pendant que Bixiou croquait la femme appuyée sur un parapluie de l’an II de la République.

— Madame Gruget, pour vous servir. J’ai évu des rentes, mon petit monsieur, dit-elle à Bixiou dont le rire sournois l’offensa. Si ma pôv’fille n’avait pas eu l’accident d’aimer trop quelqu’un, je serais autrement que me voilà. Elle s’est jetée à l’eau, sous votre respect, ma pôv’Ida ! J’ai donc évu la bêtise de nourrir un quaterne ; c’est pourquoi, mon cher monsieur, à soizante-dix-sept ans, je garde les malades à raison de dix sous par jour, et nourrie…

— Pas habillée ! dit Bixiou. Ma grand-mère s’habillait, elle ! en nourrissant son petit bonhomme de terne.

— Mais, sur mes dix sous, il faut payer un garni…

— Qu’est-ce qu’elle a, la dame que vous gardez ?

— Elle n’a rien, monsieur, en fait de monnaie, s’entend ! car elle a une maladie à faire trembler les médecins… Elle me doit soixante jours, voilà pourquoi je continue à la garder. Le mari, qui est un comte, car elle est comtesse, me payera sans doute mon mémoire quand elle sera morte ; pour lorsse, je lui ai donc avancé tout ce que j’avais… mais je n’ai plus rien : j’ai mis tous mes effets au mau pi-é-té !.. Elle me doit quarante-sept francs douze sous,

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