Page:Œuvres de Blaise Pascal, IV.djvu/37

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INTRODUCTION XIX.

traignant la vivacité de son génie à compléter les documents fournis par Port-Royal, à les vérifier, à les contrôler, à en souligner la portée par une élaboration raffinée qui sait joindre en une harmonie inimitable tous les genres d’éloquence, toutes les formes de la persuasion. Épié par des adversaires qui guettent la moindre expression ambiguë pour renouveler leurs plaintes d’imposture et d’hérésie, recherché par une police dont les velléités tracassières n’ont jamais été jusqu’aux mesures décisives, mais qui à chaque instant laisse annoncer une intervention brutale, un emprisonnement qu’un malade tel que lui aurait difficilement supporté, dans le secret d’un anonymat qui, en dépit de certains bruits répandus 1 , paraît n’avoir pas été percé tant que dura la publication des Provinciales 2, Pascal assiste au désarroi des Jésuites devant le coup imprévu qui les arrache au demi-jour des disputes d’Ecole ou des secrets de confession, pour les faire paraître dans la pleine lumière du jugement public.

Et il est donné surtout à Pascal de goûter ce triomphe que, dans cette obscurité, Dieu ait été en quelque sorte le chercher pour faire éclater sa grâce : le miracle du 24 mars 1656, qui fut le premier d’une longue série de signes d’élection, s’adresse non seulement aux défenseurs de la grâce efficace, mais d’une façon particulière à la famille que jadis Blaise Pascal a conduite tout entière à la pratique fervente et austère du christianisme.

Elle lui donne en quelque manière vocation pour raf-

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1. Vide infra T. VII, p. 61 ; cf. ibid., p. 78, n. I.

2. « Longtemps, — écrit à propos des Provinciales Tallemant des Réaux, dans une note des Historiettes consacrées à Etienne Pascal et à son fils (188-189) — on a ignoré qu’il [Blaise Pascal] en fust l’autheur ; pour moy, je ne l’en eusse jamais soupçonné; car les Mathématiques et les Belles-lettres ne vont guères ensemble. »