Page:Œuvres de Descartes, éd. Cousin, tome V.djvu/139

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


DISCOURS NEUVIÈME. 135

obscures, afin que la prunelle s'ouvre d'autant plus, et ainsi qu'on en puisse voir un objet d'autant plus grand. Car vous savez que cette action de la prunelle ne suit pas immédiatement de la volonté qu'on a de l'ouvrir, mais plutôt de l'idée ou du sentiment qu'on a de l'obscurité et de la distance des choses qu'on regarde.

Au reste, si vous faites un peu de réflexion sur tout ce qui a été dit ci-dessus, et particulièrement sur ce que nous avons requis de la part des organes extérieurs pour rendre la vision la plus parfaite qu'elle puisse être, il ne vous sera pas mat-aisé à entendre que, par ces diverses façons de lunettes, on y ajoute tout ce que l'art y peut ajouter, sans qu'il soit besoin que je m'arrête à vous en déduire la preuve plus au long. Il ne vous sera pas malaisé non plus à connaître que toutes celles qu'on a eues jusqu’ici n'ont pu aucunement être parfaites, vu qu'il y a très grande différence entre la ligne circulaire et l'hyperbole, et qu'on a seulement tâché en les faisant à se servir de celle-là pour les effets auxquels j'ai démontré que celle-ci était requise ; en sorte qu'on n'a jamais su rencontrer que lorsqu'on a failli si heureusement, que, pensant rendre sphériques les superficies des verres qu'on a taillés, on les a rendues hyperboliques, ou de quelque autre figure équivalente. Et ceci a principalement empêché qu'on n'ait pu bien faire

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils