Page:Œuvres de Robespierre.djvu/235

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pouvoirs d’agir de concert, empêche le peuple de croire aux démonstrations du pouvoir exécutifs attiédit son attachement, relâche sa soumission.

La défiance est un état affreux ! Est-ce là le langage d’un homme libre qui croit que la liberté ne peut être achetée à trop haut prix ? Elle empêche les deux pouvoirs d’agir de concert ! Est-ce encore vous qui parlez ici ? Quoi ! c’est la défiance du peuple qui empêche le pouvoir exécutif de marcher, et ce n’est pas sa volonté propre ? Quoi ! c’est le peuple qui doit croire aveuglement aux démonstrations du pouvoir exécutif, et ce n’est plus le pouvoir exécutif qui doit mériter la confiance du peuple, non par des démonstrations, mais par des faits ? La défiance attiédit son attachement ! Et à qui donc le peuple doit-il de l’attachement ? Est-ce à un homme ? est-ce à l’ouvrage de ses mains, ou bien à la patrie, à la liberté ? Elle relâche sa soumission ! à la loi, sans doute. En a-t-il manqué jusqu’ici ? Qui a le plus de reproche à se faire à cet égard, ou de lui, ou de ses oppresseurs ?…

Personne ne doute aujourd’hui qu’il existe une ligue puissante et dangereuse contre l’égalité et contre les principes de notre liberté ; on sait que la coalition qui porte des mains sacrilèges sur les bases de la constitution s’occupe avec activité des moyens d’achever son ouvrage, qu’elle domine à la cour, qu’elle gouverne les ministres : vous êtes convenu qu’elle avait le projet d’étendre encore la puissance ministérielle, et d’aristocratiser la représentation nationale ; vous nous avez priés de croire que les ministres et la cour n’avaient rien de commun avec elle ; vous avez démenti, à cet égard, les assertions positives de plusieurs orateurs et l’opinion générale ; vous vous êtes contenté d’alléguer que des intrigants ne pouvaient porter atteinte à la liberté. Ignorez-vous que ce sont les intrigants qui font le malheur des peuples ? ignorez-vous que des intrigants, secondés par la force et par les trésors du