Page:Œuvres de Robespierre.djvu/252

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regardés que comme des séditieux ; car la sédition est tout signe d’existence qui déplaît au plus fort ; ils boiraient la ciguë comme Socrate, ou ils expireraient sous le glaive de la tyrannie comme Sidney, ou ils se déchireraient les entrailles comme Caton. Ce tableau effrayant peut-il s’appliquer exactement à notre situation ? Non, nous ne sommes pas encore arrivés à ce dernier terme de l’opprobre et du malheur, où conduisent la crédulité des peuples et la perfidie des tyrans. On veut nous y mener ; nous avons déjà fait peut-être d’assez grands pas vers ce but ; mais nous en sommes encore à une grande distance ; la liberté triomphera, je l’espère, je n’en doute pas même ; mais à cette condition que nous adopterons tôt ou tard, et le plus tôt possible, les principes et le caractère des hommes libres, que nous fermerons l’oreille à la voix des Syrènes qui nous attirent vers les écueils du despotisme ; que nous ne continuerons pas de courir, comme un troupeau stupide, dans la route par laquelle on cherche à nous conduire à l’esclavage ou à la mort.

J’ai dévoilé une partie des projets de nos ennemis ; car je ne doute pas qu’ils ne recèlent encore des profondeurs que nous ne pouvons sonder ; j’ai indiqué nos véritables dangers et la véritable cause de nos maux : c’est dans la nature de cette cause qu’il faut puiser le remède, c’est elle qui doit déterminer la conduite des représentants du peuple.

Il resterait bien des choses à dire sur cette matière, qui renferme tout ce qui peut intéresser la cause de la liberté ; mais j’ai déjà occupé trop longtemps les moments de la société : si elle me l’ordonne, je remplirai cette tâche dans une autre séance.

La Société des amis de la Constitution ordonna l’impression de ce discours, et invita Robespierre à lui communiquer le reste de ses vues.

Dans un second discours Robespierre s’attacha surtout à développer