Page:Œuvres de Spinoza, trad. Saisset, 1861, tome III.djvu/3

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ÉTHIQUE.

PREMIÈRE PARTIE :

DE DIEU


DÉFINITIONS

I. J’entends par cause de soi ce dont l’essence enveloppe l’existence, ou ce dont la nature ne peut être conçue que comme existante.

II. Une chose est dite finie en son genre quand elle peut être bornée par une autre chose de même nature. Par exemple, un corps est dit chose finie, parce que nous concevons toujours un corps plus grand ; de même, une pensée est bornée par une autre pensée ; mais le corps n’est pas borné par la pensée, ni la pensée par le corps.

III. J’entends par substance ce qui est en soi et est conçu par soi, c’est-à-dire ce dont le concept peut être formé sans avoir besoin du concept d’une autre chose.

IV. J’entends par attribut ce que la raison conçoit dans la substance comme constituant son essence.

V. J’entends par mode les affections de la substance,