Page:Œuvres de Spinoza, trad. Saisset, 1861, tome III.djvu/5

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IV. La connaissance de l’effet dépend de la connaissance de la cause, et elle l’enveloppe.

V. Les choses qui n’ont entre elles rien de commun ne peuvent se concevoir l’une par l’autre, ou en d’autres termes, le concept de l’une n’enveloppe pas le concept de l’autre.

VI. Une chose vraie doit s’accorder avec son objet.

VII. Quand une chose peut être conçue comme n’existant pas, son essence n’enveloppe pas l’existence.

Propositions

Proposition 1

La substance est antérieure en nature à ses affections.

Démonstration : Cela est évident par les Déf. 3 et 5.


Proposition 2

Entre deux substances qui ont des attributs divers, il n’y a rien de commun.

Démonstration : Cela résulte aussi de la Déf. 3. Chacune de ces substances, en effet, doit être en soi et être conçue par soi ; en d’autres termes, le concept de l’une d’elles n’enveloppe pas celui de l’autre.


Proposition 3

Si deux choses n’ont rien de commun, l’une d’elles ne peut être cause de l’autre.

Démonstration : Et en effet, n’ayant rien de commun, elles ne peuvent être conçues l’une par l’autre (en vertu de l'Axiome 5), et par conséquent, l’une ne peut être cause de l’autre (en vertu de l'Axiome 4). C. Q. F. D.


Proposition 4

Deux ou plusieurs choses distinctes ne peuvent se distinguer que par la diversité des attributs de leurs substances, ou par la diversité des affections de ces mêmes substances.

Démonstration : Tout ce qui est, est en soi ou en autre chose (par l'Axiome 1) ; en d’autres termes (par les Déf. 3 et 5), rien n’est donné hors de l’entendement