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ons oirritnnurs sincsss. rss miner, cela ne m'étonne en auctme manière; mais que, tous les jours, sur les choses qui nous sont le plus familières et _ que nous avons le plus examinées, nous prenions néanmoins le change; que nous ne puissions avoir une heure de con- versation un peu suivie sans nous .tromper ou nous oon- tredire , voilà a quoi je reconnais la petitesse de l'esprit ` humain'. Un homme d’un peu de bon sens, qui voudrait écrire sur des tablettes tout ce qu'il entend dire dans le jour de faux et d’absurde, ne se coucherait jamais sans les avoir remplies. Je cherche quelquefois parmi le peuple l'imagc de ces mœurs grossières que nous savons tant de peine à 00m- prendre dans les anciens peuples; j'écoute ces hommes si simples : je vois qu’ils sfentretienneut de choses communes, qu ils n ont point de principes rélléchrs, que leur esprit est véritablement barbare comme celui de nos peres, c'est·à- dire inculte et sans politesse; mais je ne trouve pas, qu'811 bas, quete bonheur d’€trc né chrétien et catholique ne peut être comparé ai au- nm autre bien, et, en attendant, il entoure sa penséede toutes les réserves que les écrivains de la première moitié du i8• siecle, Voltaire lui-meme, s'impo- saient encore; mais, malgré ces précautions obligées, malgré la gravité ordr- naire de Vauvenargues, ici, l'intention ironique, presque railleuse, est assez transparente, et plus d'un mot'la dénonce. On en pourrait conclure que ce Discours est un de ses premiers ouvrages; car, dans les dernieres années SI vie, il A moins d'assursnce; en tout cas, il n's pas cet air dégagé; ou Il ' évite de rencontrer le christianisme et passe a coté, ou, s'il l’sborde, c’est avec une inquiétude et un respect dont la sincérité n’est plus douteuse. En admettant ces doux périodes dans la vie de Vauvenargues, ces deux mouve- ments dsns sa pensée, on s'expliquo aisément sesnombreuses contradictions sur ce point comme sur plusieurs autres, et les prétentions contraires de ceux qui en font, selon leurs passions ou leurs préférences, les uns un incrédulenles autres un chrétien. (Voir, plus loin, les notes de la Méditation sur la Fm et de la Priàc.) — G. _ _ ‘ Var. : ~ Qu'on ait donc adopté de grandes fables dans des siècles pleins · d’ignorance; que ce qu’un génie audacieux faisait imaginer aux ames fortes, • le temps, Fespérance, la crainte, l'aient ennn persuadé aux autres hommes; · qu'ils aient trop respects des opinions qu’on reçoit de l'autorité dela cou- « tume, du pouvoir de Pexemple, et de l‘amour des lois; ni cela ne me semble ~ étrange, nl je n'en conclus que ces peuples aient été plus faibles que nous. · Ils se sont trompés sur des choses qu’on n's pas toujours la hardiesse et ¤ même les moyens d'esamlner. Est-ce L nous de les en reprendre , nous qui · ¤ prenons le change de tant de manières sur des bsgatclles; nous qui, même • sur les sujets les plus discutés et les plus connus, ne saurions d’or·dina¤r€ · avoir- une heure de conversation sans nous tromper on nous contredire! ·