Page:Œuvres de Vauvenargues (1857).djvu/27
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DE VAUVENABGUES. xm · comme les jeunes olüciers qui Pentourent, il y met, du moins , de nobles conditions : en vrai gentilhomme, il veut, meme dans les attachements illégitimes, le respect de la parole tme fois don- nee, le respectdela femme quelle qu’elle soit; il n’admet pas, il le dit lui=meme, que sur ce point on sépare son estime de son goût *. Parlerons—nous d’un autre penchant cher à la jeunesse, de la lihéralitéf Comme ses compagnons, Vauvenargues est li- béral, prodigue même de sa bourse ‘, mais il l’est autrement qu’eux ice n’est pas cette prcdigalité de tempérament, qui aban- donne plutôt qu’elle ne donne, qui tient autant a Pimprévoyancc de l’aveuîr qu’à Pellîtsion ·d’un·bon cœur; ce n’est pas cette pro- digalité d’ostentatiou, qui pousse à' faire montre d’un état qu’on ne peut longtemps soutenir , faiblesse commune aux jeunes gen- tilshommes d’alors, qui avaient encore tout l’orgueil de la situa- tion qu’il.s_·n’avaient plus; chez Vauvenargues, c’est une-libéralité raisonnée dans son élan, et qui s’autorise de cette remarque,sin- gulièrement profonde pour un jeune homme, que la mesquinc économie ne fait qua de misérables fortunes, et ne crée point d’empire sur les cœurs' ; il dounenvec la rédexion de l’homme mûr, on dirait presque avec le calcul du politique. Parlerons- nous enfin de la guerre! Ainsi que ses compagnons, Vauvenar· gues l’aime; mais comment l’aime t=il? Est-ce eetteardeur toute juvénile qui s’éprend de toute émotion forte, ct`,·dans ces grandes ‘ mêlées humaines, s’enivre du bruit qu’elles font,·des.· épées qui se brisent, du tambour qui hat,.·et du canon qui toune? Est-ce ce courage, tmp intéressé pour ·qu’on l’admire, qui poursuit à ' L'um0ur, tel que Vauvenargues lo conçoit, élève le cœur qu’il touche; en fait sortir toutes lœ vertus, il en apaise tous les vices. Dans le Caractère intitulé: Acsate ou I'A maur ingéiw, il fait de cat amour une peinture slngu- ·` librement touchante, et il n’cst pas inutile ne faire observer que c‘ost presque au temps de ls Régence qu’il écrivait ces lignes pleines de grsce et de cœur. — Voir aussi le chapitre de l'Am0ur, dans Plntroducfion si la Connaissance de Vcxprit humain. _
- Mirabeau nous apprend que c'éfuiI la mode alors de se ruiner L l'ar-mec.
— Voir les Mémoire: de Hiraheau. tomc I", page 135- ‘ • La liberalite, dit Vauvenargues, est une occasion de se faire aimer, · d'acquerir une considération utile ct légitime,. Meme, al notre fortune est ·· médiocre, apprenons A subordonner les petits interets aux grands, meme ·· éloignés,... et faisons, généreusement et sans compter, tout le bien qui tente · nos cœurs. ~ (Réflexions sur divers sujela. - Conseil: tr un Jeune homme.)