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xxxxv E LOG E des fautes, et Yoisiveté, et la paresse, et le désespoir, en un mot, ' tout ce qui retient, tout ce qui arrète. Ce qui n’est pas mouve- ment, ce qui n’est pas action, il le tlétrit du nom de servitude: cette servitude envahissante et corruptrice, « qui abaisse les hom- a mes, dit-il , jusqu'à s’en faire aimer;,:: il veut, enfin, que l’homme vive de toute sa vie , de toutes ses forces, de toutes ses facultés, de toutes ses passions méme, a charge de les conduire et d’en rester maitre. Aussi, n’y a-t·il pas de morale plus prati- · que que la sienne. Sans doute, il y a d’autres moralistes pratiques, Franklin, par exemple; mais son objet est plus particulièrement l’utile; l’objet de Vauvenargues, c’est le grand. L’un prêche l’é- pargne, la modération, la prudence, tout ce qui fait la vie heu- reuse et bien réglée; l’autre prêche la lihéralité, au besoin la profusion, la hardiesse, la témérité mème, tout ce qui fait la vie forte et belle; c’est, d’une part, le bon sens un»peu intéressé; de l’autre, le bon sens héroïque. Parce qu’ellc est pratique, la morale de Vauvenargues est in- dulgente; il a la sévérité en horreur, il le dit. Cependant cette indulgence n’est. ni molle, ni trop accommodantc, et il n’est pas de ces hommes dont il parle dans ses Maximes, a qui traitentla u morale comme on traite la nouvelle architecture, où l’on cherche u avant tout la commodité. n Nous l’avons vu, c’est au sentiment qui prévient la réflexion, et n’a pu ètre encore altéré par elle, ' · que Vauvenargues s'en remet pour décider des choses de l’esprit; c’est à lui qu’il s’en remet également pou1· décider des choses du cœur. ll croit, comme Rousseau, que nos premiers mouvements . sont les meilleurs; a la réflexion, dit-il, qui vient ensuite, les affai- « blit en les polissant , et , si les mouvements acquis sont plus ' a achevés, ils sont en même temps plus défectueua:.» Aussi, comme le Thyeste dont il parle, mettez-le en face, je ne dis pas seule- ment de la faiblesse, mais en face du vice et du malheur mérité, il ohéira plutot au premier mouvement de la pitié, qui absout, qu’an second mouvement de la réflexion, qui condamne, et il pro- noncera ces paroles profondément humaines : or Le vice n’exclut a pas toujours la vertu dans un même sujet; il ne faut pas sur- « tout croire aisément que ce qui est aimable encore soit vicieux ;