Page:Œuvres de Vauvenargues (1857).djvu/49

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DE VAUVBNARGUES. . xxxv a il faut, dans ce cas, s’en tier plus au mouvement du cœur qui u nous attire, qa’à la raison qui nous détoume. n (Muinws iné- dite:.) Notez aussi que cette indulgence de Vauvenargues ne res- semble en rien à cette tendresse générale, vague comme une théorie, et qui, se portant sur tout, ne se tîxe à rien, tendresse fort répandue au dix-huitième siecle sous le nom de sensibilité, nou moins répandue au notre sous le nom de philomhropie. Sans perdre de vue Pespèce , c’est le sort de Pindividu qui l’intéresse avant tout, et, sur ce point encore, il se distingue des philosophes de son siécle, qui paraissent généralement plusen souci de la des- tinée du genre humain que de celle de l’individu. Mais, si Vauvenargues a mis dans un jour plus vif quelques points obscurs ou négligés de Fame humaine; s’il a relevé des mobiles trop dépréciés, entre autres, l’amour de la gloire; s’il a rendu aux passions la part qui leurrevient dans le champ do Pactivité humaine, sa morale aussi a ses endroits faibles et vul- nérables.-Sans parler de ses contradictions, qui sont nombreuses, ce dédain du sens commun ou de la raison générale, qu’il n’ac- cepte méme pas comme controle; cette foi exclusive au senti- ment individuel, cette indépendance absolue en toutes choses, cette impatience du trein, toutes ces hardiesses voisines dela témérité, je les comprends dans Vauvenargues, mais j’en ai peur. S’ü ne se fle qu’a lui, c’est que, regardant au fond de lui-même, il n’y trouve que de nobles mouvements et d’avouables désirs, et que, regardant autour de lui, dans ca siecle déjà si troublé, il ne trouve rien où la conviction puise se prendre, et la conduite fattacher. Il n’en reste pas moins que le moyen est dangereux, et qu'on a peine à en permettre l’usage, mème à dœ esprits de son ordre etde sa trempe. Son but, d’ai1leurs, se réduit a l’appro= · hation humaine; Vauvenargues ne compte qu’avec les hommes; r ils sont , dit.-il , l’unique‘/En de mes actions, et |’0bjet de tûtlll: r ma vie. . Il ne faut pas s’y méprendre, nous ne jouissons que • des hommes; le reste n’est rien. * n Aussi, Pimmortalité, pour lui comme pour Vergniaud, semble n’étre autre chose quele pro- ‘·Discours préliminaire i l‘Introductio¤ ai la Connaissance de l'E•prit hu- DMI.

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