Page:Œuvres de Vauvenargues (1857).djvu/51

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DE VAUVENÀRGUES. ` xxxvn Je ne reviendrai pas sur les Maximes, où il raille les esprits- forts, et les met en face de Newton, de Pascal et de Bossuet; mais, outre le passage du Discours sur Vinégaliré des richesses, que j’ai cité à im autre titre, et où Vauvenargues ·se`montre—si pénétré du besoin de eroire,·il faut rappeler la Méditariousur la Foi, et la Prière qui la suit. E1 vain l’on a prétendu que ces deux morceaux n’étaient qn’un simple exercice oratoire et un jeu d’es· prit; Voltaire , qui pouvait en juger mieux que toutautre , puis- qu’il' était plus avant que personne dans Pintimité de Vauvenar- gues, Voltaire, dont le témoignage est si décisif en pareil cas, ne s’y est pas trompé; on le voit au chagrin qu’il en éprouve.·0n sait que c’est à propos de ces deux pièces qu'il·lui fait le seul reproche qu’il lui ait jamais adressé : u Vous asc: ajligé ma phi- ` « losophie, luiécrit-il; ne peut-on adorer l’E¢re-Suprême, sans u se faire capucin? » · Une fois entré dans cette voie nouvelle, ou Vauvenargues- se serait-il arreté? ll n’est‘donné à personne de le dire; mais, du moins, ce que nous savons de lui permet d’afflrmer qu’il n’eût · jamais donné dans ·les excès qui suivirent. Et même, ce triste spectacle de la philosophie qui s’égare aurait bientot rebuté. ce noble esprit, spiritualiste par -essence, et, sans rien céder des droits de la raison humaine, il seserait réfugié de plus en plus vers ses maitres et ses modeles, vers Pascal, Bossuet et Fénelon. A coup sûr, il se serait séparé, je ne dis pas seulement d’Helvétius et d’Holbach, mais de Voltaire lui-même : il l'aurait retenu, peut- ètre. On peut le dire, la mort de Vauvenargues fut un véritable malheur pour Voltaire, et il semble que lui-même ait senti, en ce qui le regardait, toute la grandeur de cette perte, car aucune ne l’a plus profondément touché. Dans sa douleur mème, n’y · contre la mort qu’on peut tirer des forces de la Foi; elle nous est d‘un ·· grand secours dans toutes les misères humaines. Il n’y a point de disgraces · qu’elle n’adoucisse, point de larmes qu'elle n‘essuie, point de pertes qu'elle · ne répare; elle console du mépris, de la pauvreté... » lei, Fénelon l'attire; mais voici Pascal qui le repousse : · Isis cette même Foi, qui est la consola- • tion dssmisérables, est le supplice des heureux; c’est elle qui empoisonne ~ leurs plaisirs, qui trouble leur félicité presente, qui leur donne du regrets - sur le passé et des craintes sur l'avenir; c'cst elle, snlln, qui tyraunise leurs passions... • (Lellre inédile. I

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