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DE L'BSPI\I'l‘ HUMAIN. ` 35 Si nous étions sages, nous nous bomerious a un petit nombre de connaissances, aün de les mieux posséder. Nous tâcherions de nous les rendre familières et de les réduire _ en pratique: la plus longue et la plus laborieuse théorie zféclaire quîmparfaitement. Un homme qui u‘aurait jamais · dansé posséderait inutilement les régles de la danse; il en est sans doute de méme des métiers d’esprit. Je dirai bien plus :, rarement l'étude est utile lorsqu’elle II'€S( pas accompagnée du commerce du monde. Il ne faut pas séparer ces deux choses; l'une nous apprend à. penser, 1'autre à agir; l’une a parler, 1'autre à écrire; l’une a disposer nos actions, et 1'autre a les rendre faciles. L’u- sage du monde nous donne encore de penser naturelle- ment, et Yhabitude des sciences, de penser profondé- ment. Par une suite nécessaire de ces vérités, ceux qui sont pri- vés de l'un et 1'autre avantage par leur condition fournis- sent une preuve incontestable de l'indigence naturelle de 1'esprit humain. Un vigneron, un couvreur, resserrés dans un_petit cercle d’idées très-communes, connaissent a peine les plus grossiers usages de la raison, et n'exercent leur jugement, supposé qu'ils en aient reçu de la nature, que _ sur des objets tres-palpables. Je sais bien que 1’éducation ne peut suppléer le génie; je n’ignore pas que les dons de la nature valent mieux que les dons de l'art: cependant l'art est nécessaire pour faire fleurir les talents; un beau naturel négligé ne porte jamais de fruits mûrs. Peut-on regarder comme un bien un génie à peu près stérile? Que servent à un grand seigneur les domaines qu’il laisse en friche? Est-il riche de ces champs incultes? 29. — ne rfavanxcn. Ceux qui n'aiment l'argent que pour le dépenser ne sont pas véritablement avares '. L’avarice est une extreme dé- ¤[ns mt mou. -v.j î