Page:Abbadie - L’Art de se connaitre soi-meme.djvu/409
COKNOÏTRB Soy-mbmI, ggf
mot,èft en la niain des paflions un in« firument a faire de grandes fautes. ^ Je ne dis point la même chofe du jth gement ,qui efl fans doute de toutes les iqualités intelleélueles la plus eftimable. On fe trompe affurement , lors qu'on actribuë a Tefprit les grandes chofes. Ce n'efl point refprit , mais Ie jugement qui gouverne les Etats , qui difcipline les armées , qui excelle dans les nego* tiations , qui reüflit dans les arts & dan$ les fciences : mais pour ne pas faire cooh* batre deux qualités qui ne font nulle« ment oppofées , il fajjc dire que VcCpnt efl: la perfèólion du jugement» & Ie ju- gement ï fon tour la perfeélion de ie« iprit ; avec cette difFerence pourtantt que Ie jugement fans Tefprit eit quel« que chofe , au lieu que l'efprit fans Ic jugement vaut beaucoup moins que rien.
Ce qui trompe la plüpart des hom* mts , c*eft qu'ils imaginent fur un prA- jugé populaire, que Pefprit cft rare,% que Ie bon fens efl fort commun ; & c'eft juftement tout Ie contraire. L'ef^tit qui im^ine , qui invente > c\xiv t^^tvt^
�� �