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II MAGDEBOURG
Si trois cavaliers ne pouvaient pas, sans un certain péril, franchir la longue distance qui séparait le camp suédois de la ville assiégée par le comte de Tilly, de bien plus grands dangers les attendaient aux approches du camp impérial. Une active surveillance était exercée autour de la ville par de nombreuses patrouilles de cavalerie qui ne permettaient à personne d’entrer à Magdebourg ou d’en sortir. Tout homme arrêté par elles avait grande chance d’être passé par les armes, et, le plus souvent, la balle d’un pistolet mettait fin à son interrogatoire avant qu’il eût eu le loisir de répondre. Un cordon de sentinelles relevées d’heure en heure achevait de rendre impossible toutes communications de la ville avec les campagnes environnantes. Ce n’était donc pas une entreprise aisée que de pénétrer dans Magdebourg, et, à cet égard, Armand-Louis non plus que Renaud ne se faisaient aucune illusion.
Le roulement lointain du canon leur apprit bientôt qu’ils n’étaient plus séparés de la ville que par une mince étendue de champs et de forêts. Ce bruit formidable sembla leur communiquer une ardeur plus vive, et ils poussèrent hardiment leurs chevaux en avant.
Au moment où ils débouchaient d’un bois dont le