Page:Adelsward-Fersen - Les Cortèges qui sont passés.djvu/176

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AMOUR SAUVAGE ET DOUX...


Amour sauvage et doux, ô torturant Amour,
Quel soir ai-je évoqué ta misère et ta gloire ?
Je ne me souviens plus dans quel amer ciboire
J’ai versé le poison qui me tue sans retour !
 
... Je sais que des parfums venaient de la campagne,
Entraient par ma croisée ouverte sur les bois,
Et qu’un air triste et beau, comme un air d’autrefois,
Se mêlait au refrain des voix de la montagne...

Je sais que je rêvais, en regardant le ciel,
À des miroirs brisés, à d’anciens sourires,
À des accents éteints sur d’éphémères lyres,
À des départs déçus pour d’éternels soleils,

Et qu’alors j’ai pleuré en désirant ta lèvre !...