Page:Adelsward-Fersen - Les Cortèges qui sont passés.djvu/177

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L’Amour, c’est ce qui fait deux frères d’un regard,
C’est ce petit enfant ingénu et bavard,
Qui vous touche d’un rien et vous donne la fièvre :

C’est le carquois pointu, rempli de flèches d’or,
Qu’une main rose et blonde incessamment taquine,
C’est l’œil bandé de soie et la bouche mutine
D’un Greuze que l’on craint et que l’on veut encor...

L’amour, mais c’est joli comme une dédicace
Que l’homme aurait osé rimer pour son bonheur !
L’amour est au baiser ce que l’âme est au cœur,
L’amour que l’on maudit, l’amour que l’on embrasse !...

Amour, ce mot charmant et câlin que l’on dit
Les yeux illuminés par des flammes lointaines :
L’amour... cela murmure ainsi qu’une fontaine
Où l’on viendrait puiser de l’eau du Paradis !
 
L’amour, c’est le parfum des matins de rosée,
C’est la ferveur des jours et le calme des soirs,
C’est la terre endormie et c’est le jeune espoir
Qui chante dans l’esprit de la jeune épousée !

L’amour, c’est le printemps quand les nids sont en fleur.
L’amour, c’est le pinson des bois, qui vocalise,
L’amour, c’est l’inconnu qu’avril idéalise
Et qui dit me voilà... d’un sourire vainqueur !