Page:Adelsward-Fersen - Les Cortèges qui sont passés.djvu/179

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Un long manteau de pourpre et d’azur le couvrait,
Des roses d’Orient ceignaient de sang sa tête,
Et des clameurs d’ivresse et des clameurs de fête
Résonnaient à l’écho de lointaines forêts !

De ses doigts décharnés il tenait une amphore
Pleine d’un vin charmant qui moussait au soleil,
Et ses regards mourants, à des perles pareils,
Me jetaient un adieu qui espérait encore !

Il allait dans sa gloire et dans sa volupté :
De grands arbres bougeurs le frôlaient au passage,
Et lui mirait ses yeux et sa morbide image
Dans le ciel scintillant tel qu’un lac de clarté !

Et j’écoutais, ravi, ces voix et ces musiques...
Le soir limpide et doux, le soir évangélique,
Tombait sur tout cela comme pour un baiser...