Page:Adhémar - La philosophie des sciences et le problème religieux.djvu/31

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gage scientifique doit donc être proportionné aux choses ; en outre, il devrait être d’une parfaite cohérence logique. Or, cela arrive-t-il en effet ?

Il faut bien avouer que non. L’incohérence logique est manifeste à la base de la mécanique. Pour rester dans le domaine de l’optique, nous remarquerons avec M. le Roy que la démonstration des deux lois de la réflexion exige que l’on ait un miroir plan. Et l’on construit précisément un miroir plan en s’appuyant sur les lois de la réflexion.

Il est ainsi, à la base des sciences physiques, certains cercles vicieux dont on ne peut logiquement sortir !

Et cependant l’ensemble de la science progresse de la manière la plus grandiose, la plus éclatante.

C’est qu’une théorie ne se dévide pas automatiquement comme un ruban, elle se déroule comme un grand combat où l’action a lieu constamment sur plusieurs points à la fois. Les parties en sont solidaires les unes des autres : une théorie est un organisme vivant.

M. P. Duhem (13) l’a, croyons-nous, nettement formulé le premier : une vérification expérimentale ne porte jamais sur une hypothèse, sur une loi isolée, mais toujours sur un ensemble inséparable d’hypothèses ou de lois.

Et, disons-le encore, l’on ne saurait jamais vérifier que tel ou tel système d’hypothèses est vrai