Page:Adhémar - La philosophie des sciences et le problème religieux.djvu/32

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absolument, mais seulement qu’il constitue un système de symboles acceptable, proportionné au réel.

M. Wilbois écrivait naguère : la Science ne nous révèle pas le fond des choses ; tout au plus nous révèle-t-elle le fond de nous-mêmes.

Examinons de plus près ces langages symboliques de la Science rationnelle. M. H. Poincaré disait au sujet du continu mathématique : « On est forcé de conclure que cette notion a été créée de toutes pièces par l’esprit, mais que c’est l’expérience qui en a fourni l’occasion ». Dans ses études magistrales sur les fondements de la géométrie, l’illustre savant a insisté encore sur le rôle créateur de l’esprit dans la science théorique. Ce rôle est très considérable dans la physique, et il faut lire l’œuvre philosophique de M. Gaston Milhaud (14) pour se bien pénétrer de ce qu’il y a de relatif dans le symbolisme des théories physiques, de ce qu’il y a de spontané dans les intelligences qui ont créé ces symboles : « Condillac lui-même, dit-il, a beau s’ingénier pour expliquer l’entendement par la seule sensation, il ne méconnaît pas tout ce qu’il y a d’actif dans les opérations intellectuelles et même tout ce qui implique jusqu’à un certain point le choix de la direction dans la formation des concepts ». M. Milhaud montre combien, en suivant trop à la lettre les conseils de Bacon et Comte, nous en arriverions, pour éviter