Page:Adhémar - La philosophie des sciences et le problème religieux.djvu/38

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que celle posée entre fait brut et fait scientifique. Elle semble assez difficile à soutenir dans l’exemple choisi : l’éclipse ; il eût été préférable, semble-t-il, de prendre l’exemple du repérage des hautes températures.

L’astronomie et la physique devraient, d’ailleurs, être toujours séparées.

Le fait brut, le donné, est comme une nébuleuse ; le fait scientifique, c’est la nébuleuse regardée d’une certaine manière, c’est le brouillard dans lequel on examine quelques points brillants en faisant abstraction du reste.

Pour M. H. Poincaré (3) le fait brut et le fait scientifique sont un même fait exprimé dans deux langues différentes. Pour la Philosophie nouvelle, il est bien plus de liberté dans l’attitude du savant, plus d’arbitraire dans le choix des points saillants sur le fond brumeux du donné. De là cette séparation plus accentuée — et qui nous paraît légitime en bien des cas — entre fait brut et fait scientifique.

Mais alors la notion de loi naturelle va être grandement modifiée !

Les lois, ajoute M. le Roy, sont ou des définitions conventionnelles ou des recettes pratiques.

Ce mot « recette », avouons-le, nous a choqué autant que M. Poincaré : Parlez-nous des « recettes » d’un ingénieur, mais des « méthodes » d’un savant !