Page:Adresse à l'Assemblée nationale pour les citoyens libres de couleur, des isles & colonies françoises 18 octobre 1789.djvu/14

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lui ou par ſes Repréſentans, de conſtater la néceſſité de la contribution publique, & de la conſentir librement ».

Prétendroit-on repouſſer ces maximes fondamentales, en oppoſant l’intérêt des Blancs & celui des Colonies ? Seroit-ce donc par les calculs d’un intérêt ſoldide, qu’on voudroit étouffer la voix de la Nature ?

N’y reconnoît-on pas le langage de l’Ambition & de la Cupidité, qui n’eſtiment la proſpérité de l’Etat, qu’à raiſon de leurs jouiſſances perſonnelles ?

Mais ce n’eſt pas encore ici le lieu de ſe livrer à des diſcuſſions ſérieuſes, ſur le fonds des droits des Citoyens de Couleur.

Lorſque vous aurez admis leurs Réclamations préliminaires ; lorſqu’ils ſeront deſcendus dans l’arêne pour combattre leurs adverſaires, ils démontreront facilement que l’intérêt légitime des Blancs eux-mêmes, ſe réunit à celui des Colonies, pour aſſûrer l’état & la liberté des Citoyens de Couleur, parce que le bonheur d’un Etat conſiſte dans la paix & l’harmonie des Membres qui le compoſent, & qu’il ne peut y avoir de