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Nés Citoyens & libres, ils vivent étrangers dans leur propre Patrie. Exclus de toutes les Places, de toutes les Dignités, de toutes les Profeſſions, on leur interdit juſqu’à l’exercice d’une partie des Arts Méchaniques ; ſoumis aux diſtinctions les plus aviliſſantes, ils trouvent l’eſclavage, au ſein même de la Liberté.
Les Etats-Généraux ont été convoqués.
Dans toute la France, on s’eſt empreſſé de ſeconder les vues bienfaiſantes du Monarque : les Citoyens de toutes les Claſſes ont été appellés au grand œuvre de la Régénération publique ; tous ont concouru à la formation des Cahiers, & à la nomination de Députés, chargés de défendre leurs droits, & de ſtipuler leurs intérêts.
Le cri de la Liberté a retenti dans l’autre Hémiſphère.
Il auroit dû, ſans doute, étouffer juſqu’au ſouvenir de ces diſtinctions outrageantes entre les Citoyens d’une même contrée ; il n’a fait qu’en développer de plus odieuſes encore.
Pour l’ambitieuſe Ariſtocratie, la Li-