Page:Agoult - Histoire de la révolution de 1848, tome 1.djvu/18

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2 AYANT-PROPOS. un devoir de publier, sans plus attendre, une étude consciencieuse, que je crois de nature à jeter un jour vrai sur des hommes et des choses étrangement défi- gurés. J’ai apporté dans mes recherches, avec la plus scru- puleuse bonne foi, un sincère désir d’impartialité. Si, comme il n’est que trop probable, des erreurs sont échappées à ma plume, je puis du moins affirmer qu’elles n’ont rien de systématique, et je m’estimerai heureux, à mesure qu’elles me seront signalées, de les faire disparaître. C’est tout ce que j’ai à dire d’un livre qui, selon toute apparence, m’attirera plus d’une inimitié; car il n’est guère possible d’écrire l’histoire contemporaine sans irriter beaucoup d’amours-propres et sans blesser même beaucoup d’esprits délicats auxquels la vérité nue semble une inconvenance qui les offusque tou- jours et souvent les scandalise. Un maître dans l’art d’écrire l’histoire le savait bien « Io mi sono ingegnato, in queste mie discrizioni, « non maculando la verità, di sodisfare a ciascuno, e « forse non arò sodisfatto a persona. Nè quando questo « fusse, me ne maraviglierei : perchè io giudico che « sia impossible, senza offendere moiti, discrivere le « cose de’ tempi suoi, » dit Machiavel. Paris, 24 février 1850.