Page:Anatole France - Histoire comique.djvu/169

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Mais alors Nanteuil, les yeux ardents, la voix sifflante :

— Il faut qu’il aille à l’église, docteur ; signez ce qu’on vous demande, écrivez qu’il n’avait pas sa raison. Je vous en prie.

Il n’y avait pas que de la religion dans ce désir. Il s’y mêlait un sentiment intime et un fond obscur de vieilles croyances, ignorées d’elle-même. Elle espérait que, porté à l’église, aspergé d’eau bénite, Chevalier serait apaisé, deviendrait un bon mort et ne la tourmenterait plus. Elle craignait, au contraire, que, privé de bénédictions et de prières, il n’errât sans cesse autour d’elle, maudit et malfaisant. Et, plus simplement, dans sa peur de le revoir, elle voulait que les prêtres aussi prissent soin de l’enterrer, que tout le monde s’y mît, pour qu’il le fût davantage, autant qu’il était possible et tout à fait. Ses lèvres tremblaient ; elle tordait ses mains jointes.

Trublet, vieux connaisseur, la regardait

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