Page:Anatole France - Histoire comique.djvu/31

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


laquelle le cadavre était étendu. Il déjeunait parce qu’il avait faim. Ceux qui ont faim, rien ne les empêche de manger, dès qu’ils ont de quoi. Seulement, le père Rousseau disait : « Je ne sais pas si c’est l’air de la salle qui le veut, mais je ne peux rien manger que de frais et d’appétissant. »

— Je comprends, dit Félicie. Il vous faut des petites bouquetières… C’est défendu, vous savez… Mais vous êtes là assis comme un Turc, et vous ne m’avez pas écrit mon ordonnance.

Elle l’interrogea du regard.

— L’estomac, où est-ce au juste ?

La porte était restée entr’ouverte. Un jeune homme très joli, très élégant, la poussa, et, après avoir fait deux pas dans la loge, demanda gentiment s’il pouvait entrer.

— Vous, dit Nanteuil.

Et elle lui tendit la main, qu’il baisa avec plaisir, correction et fatuité.

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils