Page:Anatole France - Jocaste et Le Chat maigre.djvu/26

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Haviland depuis près de deux siècles.

Le banquier John Haviland y établit ses bureaux en 1789. Il mit des fonds considérables à la disposi­tion du duc d’Orléans, qu’il considérait comme le successeur désigné de Louis XVI, si, comme il le pensait, les Français s’en tenaient à la royauté consti­tutionnelle. Mais ni les événements dans leur marche violente, ni le duc naturellement indécis, ne se prê­tèrent aux projets de l’audacieux banquier. Celui-ci se retourna du côté de la cour et favorisa la contre-révolution. Il se mit en communication avec la reine par l’intermédiaire de la belle Mme Elliot. Après la chute définitive de la royauté, dans la journée du 10 août, il s’enfuit en Angleterre et resta en rapport avec le duc de Brunswick et les princes. Son caissier, David Ewart, âgé de quatre-vingt-un ans, voulut rester à Paris pour sauvegarder les intérêts menacés de la maison. N’ayant pu obtenir une carte de civisme et par cela même considéré comme suspect, il fut arrêté et conduit à la Conciergerie, où il sembla oublié pendant plus de quatre mois. Enfin, traduit, le Ier thermidor 1794, devant le tribunal révolution­naire et condamné comme conspirateur à

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