Page:Anatole France - L’Anneau d’améthyste.djvu/209

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cloches, précédé par la croix et par les chants liturgiques, le corbillard s’avança lentement vers la cathédrale, entre les coiffes blanches de douze religieuses, suivi par les garçons et les filles des écoles congréganistes, dont la file grise et noire s’allongeait à perte de vue, le sens apparut clairement de cette longue vie, consacrée au triomphe de l’Église catholique. La ville entière suivait en troupe. M. Bergeret marchait parmi les traînards du corbillard. M. Mazure, s’approchant, lui dit à l’oreille :

— Je n’ignorais point que ce vieux Cassignol eût été, de son vivant, zélé tortionnaire. Mais je ne savais pas qu’il fût si grand calotin. Il se disait libéral !

— Il l’était, répondit M. Bergeret. Il lui fallait bien l’être, puisqu’il aspirait à la domination. N’est-ce point par la liberté qu’on s’achemine à l’empire ?… Mon cher monsieur Mazure, vous m’attendrissez.

— Pourquoi ? demanda l’archiviste.

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