Page:Anatole France - L’Anneau d’améthyste.djvu/40

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» Le bon duc tournait assez joliment les vers. Il remplissait des cahiers entiers de madrigaux, d’épigrammes et de contes. C’est bien pardonnable. Ce qui l’est moins, c’est qu’il se laissait aller, dans ses poésies fugitives, jusqu’à railler les cérémonies du culte et même les miracles opérés par l’intervention de Notre-Dame-des-Belles-Feuilles. Je vous prie, messieurs, de n’en rien dire. Cela doit rester entre nous. Je serais désolé de livrer ces anecdotes en pâture à la malignité publique et à la curiosité malsaine d’un monsieur Mazure. Ce duc de Brécé est mon trisaïeul. Je pousse très loin l’esprit de famille. Je pense que vous ne m’en blâmez pas.

— Il y a, monsieur le duc, dit l’abbé Guitrel, un enseignement précieux et de grandes consolations à tirer des faits que vous venez de produire. Nous en pouvons conclure que la France, tombée au xviiie siècle dans l’irréligion et gagnée à l’impiété

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