Page:Anatole France - Le Livre de mon ami.djvu/289

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OCTAVE

Je ne nie pas que ces interprétations ne soient ingénieuses ; mais je les crois dénuées de tout fondement. vous m’avez renvoyé tantôt à mes avoines avec mes Hongrois.

Je vous dirai à mon tour que votre système n’est pas neuf et que feu mon grand-père, grand liseur de Dupuis, de volney et de Dulaure, voyait le zodiaque à l’origine de tous les cultes. Le brave homme me disait, au grand scandale de ma pauvre mère, que Jésus-Christ était le soleil, et ses douze apôtres les douze mois de l’année. Mais savez-vous, monsieur le savant, comment un homme d’esprit confondit Dupuis, volney, Dulaure et mon grand-père ? Il appliqua leur théorie à l’histoire de Napoléon Ier et démontra, par ce moyen, que Napoléon n’avait pas existé, que son histoire était un mythe. Ce héros qui naît dans une île, triomphe dans des contrées orientales et méridionales, perd sa puissance l’hiver dans le Nord et disparaît dans l’Océan, c’est, disait l’auteur dont j’ai oublié le nom, c’est évidemment le soleil. Ses douze maréchaux sont les douze signes du zodiaque, et ses

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