Page:Anatole France - Les Désirs de Jean Servien.djvu/159

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joué sur ses talons une idée bien nette ; mais s’étant parfois brusquement retournée, elle avait soupçonné quelque irrévérence. Et pourtant, elle supportait cet enfant parce qu’il était du peuple. Elle ne haïssait vraiment que les riches. Elle s’indignait que sa bou­chère fût allée en robe de soie à une messe dé mariage.

Il y avait au haut de la rue de Rennes, au bord d’un terrain vague, dans une échoppe, une marchande de pain d’épice poudreux et de bâtons de sucre d’orge rances. Cette femme avait un teint couleur de brique sous une marmotte de cotonnade et des yeux d’un bleu clair et dur. Tout son étal n’avait pas coûté deux francs et quand il faisait du vent, la poussière blanche des maisons en construction le couvrait comme un badigeon. Les bonnes et les mères tiraient vivement les petits enfants qui lorgnaient la marchandise :

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