Page:Anatole France - Les Désirs de Jean Servien.djvu/25

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Et posant la main sur la tête de Jean, qui, pendu à la veste de son père, s’étonnait de ce gilet rouge et de ce parler chantant, il demanda si l’enfant apprenait bien ses leçons, s’il devenait un savant, s’il n’étu­dierait pas bientôt la langue latine.

— « Cette noble langue, ajouta-t-il, dont les monu­ments inimitables m’ont fait si souvent oublier mes infortunes.

« Oui, monsieur, j’ai souvent déjeuné d’une page de Tacite et soupé d’une satire de Juvénal. »

À ces mots, il imprima subitement la tristesse sur sa face enluminée, et baissant la voix :

— « Pardonnez-moi, monsieur, si je vous tends le casque de Bélisaire. Je suis le marquis Tudesco, de Venise. Quand j’aurai reçu du libraire le prix de mon labeur, je n’oublierai pas que vous m’aurez

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