Page:Anatole France - Les Désirs de Jean Servien.djvu/49

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quatre étages d’un escalier dont le tapis, fixé aux degrés par des tringles de cuivre, lui parut surprenant.

Les notes d’un piano arrivaient sur le palier. Il sonna, rougit et regretta d’avoir sonné. Il eût voulu s’enfuir. Une femme de chambre ouvrit la porte. Edgar Ewans était derrière elle, dans un de ces cos­tumes de toile écrue qu’il portait si aisément.

— « Viens », lui dit-il.

Et il l’entraîna dans un salon dont les rideaux mi-clos laissaient passer des flèches de lumière qui se brisaient en éclats sur des glaces et des appliques dorées. Une odeur irritante et douce traînait dans cette pièce étouffée par l’abondance des sièges capi­tonnés et l’amas des coussins.

Jean aperçut dans cette ombre une dame trop différente de celles qu’il avait remarquées jusque-là pour pouvoir se faire une idée de sa nature, de sa beauté,

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