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34 L’ABBÉ JÉRÔME COIGNARD

aujourd’hui, tant le nouvel ordre ressemble à l’ancien, si l’empire n’est point resté à l’antique Jupiter. Plusieurs même nient l’avènement du Titan. On ne voit plus, disent-ils, sur sa poitrine la blessure par où l’aigle de l’injustice lui arrachait le cœur et qui devait saigner éternellement. Il ne sait rien des douleurs et des révoltes de l’exil. Ce n’est pas le dieu ouvrier qui nous était promis et que nous attendions. C’est le gras Jupiter de l’ancien et risible Olympe. Quand donc paraîtra-t-il, le robuste ami des hommes, l’allumeur du feu, le Titan encore cloué sur son rocher ? Un bruit effrayant venu de la montagne annonce qu’il soulève de dessus le roc inique ses épaules déchirées et nous sentons sur nous les flammes de son souffle lointain.

Étranger aux affaires, M. Coignard inclinait aux spéculations pures et se répandait volontiers en idées générales. Cette disposition de son esprit, qui pouvait lui nuire auprès de ses contemporains, donne

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