Page:Anatole France - Sur la pierre blanche.djvu/267

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qui traversaient l’air passaient sur mes yeux. Une fois encore je levai la tête et dans ce ciel méconnaissable, plus peuplé que la terre, que fendaient les gouvernails et que battaient les hélices, vers qui montait de l’horizon un cercle de fumée, je vis le soleil. J’eus envie de pleurer en le voyant. C’était la seule figure connue que j’eusse encore rencontrée depuis le matin. A sa hauteur je jugeai qu’il était environ dix heures avant midi. Tout à coup je fus enveloppé par une seconde troupe d’hommes et de femmes, qui avait la contenance et le costume de la première. Je me confirmai dans cette impression que les femmes, bien qu’il s’en trouvât de fort épaisses et de très sèches et aussi beaucoup dont on ne pouvait rien dire, offraient en grand nombre un aspect d’androgynes. Le flot passa. La place redevint subitement déserte, comme nos quartiers suburbains qu’animé seule la sortie des ateliers. Resté devant les affiches, je relus cette date : 28 juin