Page:Anatole France - Sur la pierre blanche.djvu/99

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Il en donna ses raisons :

— Le règne de Jupiter a commencé, dit-il, après l’âge d’or. Nous savons, par des traditions que des poètes nous ont conservées, que le fils de Saturne a succédé à son père dans le gouvernement du monde. Or, tout ce qui eut commencement doit avoir fin. Il est inepte de supposer qu’une chose limitée par un côté peut être d’un autre côté illimitée. Il faudrait alors la dire tout ensemble finie et infinie, ce qui serait absurde. Tout ce qui présente un point extrême est mesurable à partir de ce point et ne saurait cesser d’être mesurable sur aucun point de son étendue, à moins de changer de nature, et c’est le propre de ce qui est mesurable d’être compris entre deux points extrêmes. Nous devons donc tenir pour certain que le règne de Jupiter finira comme a fini le règne de Saturne. Ainsi que l’a dit Eschyle :

Jupiter est soumis à la Nécessité. Il ne peut échapper à ce qui est fatal.