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ET AUTRES POÉSIES
xxvi
MONSr DE TORCY



J’AY veu le temps que je souloye (fol. 15 v°)
Avoir un jor mal, l’aultre bien ;
Aucune fois je me douloye,
A l’autre fois tout estoit myen,
5Et ne faisoys conte de rien,
Tant me tenoye fort heureulx
D’estre au nombre des amoreulx.
 
Souvent quant reposer vouloye,
Et qu’estoye couchié bel et bien,
10Comme en resvant tousjours parloye,
En disant « Hapé je me tien,
Car de plus en plus je devien
Triste, pensif et douloureulx
D’estre au nombre des amoreulx !»
 
15Un[e] aultre fois tout seul aloye
De sa, de la, de va, de vien,
Ainsy que homme qui foloye
Et qui n’a ne sens ne maintien,
Tant que plusieurs si disoient bien
20Que j’estoye tresmaleureutx
D’estre au nombre des amoreulx.
 
Prince, tout conclu je devien
De n’estre jamais desireulx
D’estre au nombre des amoreulx.