Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 1.djvu/346

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trop tard pour devenir sage, & je ne puis qu’avertir tout homme capable de prudence, dont la vie est sujette à des accidens extraordinaires, de ne pas négliger de pareils avertissemens secrets de la providence. Pour moi je les regarde comme une preuve certaine du commerce & de la communication secrette des esprits purs avec ceux qui sont unis à des corps ; preuve incontestable que j’aurai occasion de confirmer par plusieurs exemples dans le récit du reste de mes aventures dans cette solitude.

Le lecteur ne trouvera pas étrange si je confesse que les inquiétudes & les dangers dans lesquels je passois ma vie, m’avoient détourné entièrement du soin de mes commodités, & que je songeois plus à vivre, qu’à vivre agréablement. Je ne me souciois plus de mettre quelque part un clou, ou d’affermir un morceau de bois, crainte de faire du bruit ; beaucoup moins avois-je le cœur de tirer un coup de fusil, & ce fut avec toute l’inquiétude possible que je me hasardai à allumer du feu, dont la fumée, visible à une grande distance, auroit pu aisément me trahir. Pour cette raison, je transportai mes affaires qui demandoient du feu du côté de mon appartement dans le bois, où je trouvai enfin, après plusieurs allées & venues, avec tout le ravissement imaginable, une cave naturelle d’une grande étendue,