Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 1.djvu/350

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difficulté de l’entrée ; mais ce désagrément même en faisoit la sûreté. J’étois charmé de ma découverte, & je résolus d’abord de porter dans cette grotte tout ce dont la conservation m’inquiétoit le plus, sur-tout mes munitions & mes armes de réserve.

Ce dessein me donna occasion d’ouvrir mon barril de poudre que j’avois sauvé de la mer. Je trouvai que l’eau y avoit pénétré de tous côtés à-peu-près à la profondeur de trois ou quatre pouces, & que la poudre mouillée avoit formé une espèce de croûte qui avoit conservé le reste, comme une noix est conservés dans sa coque ; de cette manière il me restoit au centre du barril environ 60 livres de fort bonne poudre à canon, que je portai toute dans ma grotte avec tout le plomb que j’avois encore, & je n’en gardai dans mon château que ce qui m’étoit nécessaire pour me défendre en cas de surprise.

Dans cette situation je me comparois aux géans de l’antiquité qui habitoient des antres inaccessibles, persuadé que lorsque les sauvages me donneroient la chasse, en quelque nombre qu’ils fussent, ils ne m’attraperoient pas, ou du moins n’oseroient pas m’attaquer dans ma nouvelle grotte.

La vieille chèvre mourut le jour d’après ma découverte, à l’entrée de ma caverne, où je